Jeudi 3 septembre 2009
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A 27ans, Rémi Pauriol est une valeur sûre du cyclisme hexagonal. 3eme du Tour de Catalogne en 2008,
après avoir porté le maillot de leader jusqu'à la veille de l'arrivée, l'Aixois a certainement réalisé en 2009 sa meilleure saison, depuis son passage chez les pros. Vainqueur en en
Février du GP d'Ouverture La Marseillaise et du très corsé GP de Lugano en Suisse, le coureur de chez Cofidis ne pourra savourer une fin de saison qui s'annonçait bien, pourtant,
avec, pourquoi pas, une sélection possible pour les Mondiaux helvètes. La faute à une vilaine chute sur la Clasica San Sebastian, début Août, synonyme de fin de saison. Stoïque, Rémi prépare déjà
son retour. Avec la volonté de faire encore mieux.....
Rémi Pauriol remporte la première course française de la saison, le très convoité GP La Marseillaise. Presque à domicile. (Image: Kazeo.com)
-INFO-VELO: Une fracture de la clavicule, une fracture sur la tête du fémur début août. On peut dire que tu n'auras pas été épargné par les blessures cette année.....
Rémi Pauriol: En effet! J'espère que la série est terminée pour un bout de temps maintenant et que je pourrais faire une saison pleine en 2010. Néanmoins, malgré ces déboires, l'année
n'a pas été mauvaise en terme de résultats avec 2 victoires et des places dans les 10 premiers d'étapes sur de belles courses comme Paris-Nice, le Dauphiné et le Tour de France.
-I-F:Quand espères-tu reprendre l'entraînement? On peut imaginer qu'avec une blessure début août et une convalescence de 30 à 40 jours, tu seras particulièrement motivé par le début de saison
2010, non?
R-P: J'ignore encore quand je vais reprendre l'entraînement. Je passe un scanner le 10 septembre pour voir si la consolidation de l'os est correcte. En ce moment, je commence à marcher
normalement et je nage beaucoup aussi. Rien ne presse pour le moment au niveau de l'entraînement, il s'agit plutôt de prendre le temps de récupérer avant de forcer sans risque à 100% sur ma
jambe. Pour le vélo, ça me permet de faire une coupure physique et mentale. De cette façon, j'aurais une grosse envie de rouler quand il sera temps de préparer l'année prochaine.
-I-F:Psychologiquement, comment endures-tu cette blessure, sachant qu'une sélection pour le Mondial semblait te tendre les bras?
R-P: J'étais déçu car je voulais essayer de faire une bonne fin de saison. J'avais encore de la fraîcheur et l'envie après le Tour grâce à ma première blessure. Avec la Vuelta et
peut-être les championnats du monde même si rien n'était acquis pour ces derniers, surtout avec une équipe de 6 coureurs seulement.
-I-F:Revenons sur ton Tour de France. Avec le recul, es-tu satisfait de ta course? Qu'est ce qui t'a manqué, le jour où tu es échappé, en compagnie de Nicki Sorensen, vainqueur ce jour-là?
R-P:J'étais moins fort que les autres, tout simplement. Il y a eu une bagarre de 70km en début de course pour "prendre la bonne". Ensuite, j'étais usé par le rythme que maintenaient mes
compagnons d'échappée. Je ne peux pas avoir de regret, j'ai fait le maximum.
Pour l'étape du Grand Bornand, par contre, il est dommage que le peloton soit revenu si fort sur nous car j'étais un des plus forts de l'échappée, puisque j'ai pu m'accrocher aux meilleurs dans
le col de Rome et terminer 10e de l'étape.
-I-F: De ton point de vue, l'équipe Cofidis a-t'elle réussi son Tour?
R-P: On nous avait demandé de prendre un maximum d'échappée. C'est comme cela que l'on pouvait viser une ou deux victoires d'étapes. Là-dessus, on n'a pas failli en étant
représenté devant quasiment tous les jours. Après, il nous a manqué soit de la réussite, soit de la force pour concrétiser. Mais je pense qu'on a vehiculé une bonne image, offensive, de
l'équipe.
-I-F: Cette saison, tu gagnes à Lugano dans des conditions dantesques. Pour un gars du sud, tu sembles plutôt à l'aise dans le froid et sous la pluie, non?
R-P: C'est vrai, paradoxalement! Et à La Marseillaise aussi il pleuvait en début de course. Je n'aime pas la pluie, c'est désagréable de rouler dans de mauvaises conditions
climatiques. Et d'ailleurs, en bon provençal, il est rare que je parte rouler à l'entraînement quand il pleut, mais je remarque que lorsqu'il se met à pleuvoir, alors que d'autres peuvent être
moins bien et ont les jambes dures ou ont peur de la chute, moi, au contraire, je suis de mieux en mieux. Là où cela m'a vraiment choqué, c'est sur l'étape du Tour qui arrivait à
Barcelone. jJe n'étais pas bien du tout en début de course par temps sec. Il s'est mis à pleuvoir et sur la fin de course j'attaquais et je me sentais super bien!
-I-F: A Lugano, tu bats Davide Rebellin au sprint, ce qui n'est pas rien. Est-ce que cette victoire correspond à un déclic?
R-P: J'étais très content de gagner une si belle course même si depuis, l'image de mon second a été entachée! Cela m'a donné confiance, simplement, pour regagner des courses avec un
plateau international.
-I-F: La France aura 6 coureurs à Mendrisio. Pour toi, est-ce une difficulté évidente, ou, pourquoi pas, un mal pour un bien?
R-P: Dans la course, je ne pense pas que ce sera trop gênant. Le poids de la course ne reposant pas sur la France, nos coureurs vont laisser les italiens et les espagnols s'en
charger et tenter de les suivre et de les battre sur la fin. Ce qui est gênant, c'est le déclin de la France qui n'est plus classée parmi les grandes nations du cyclisme. Mais pour notre
défense, je trouve que le barème de calcul est incohérent, avec seulement les 5 meilleurs coureurs de chaque nation pris en compte pour le classement, ce qui avantage les nations ayant
peu de coureurs, mais très forts (ex: le Luxembourg). Alors qu'en France, même si nous n'avons pas de coureurs dans le top mondial, nous avons beaucoup de coureurs de niveau correct. Pour
preuve, la France est la nation en tête au décompte des victoires UCI de la saison...
-I-F: Quel regard portes-tu sur ton jeune coéquipier, Rein Taaramae?
R-P:Il est très prometteur, A 22 ans, il a déjà fait de gros résultats sur le Tour de Romandie et le Tour de Suisse au printemps. Il ne s'est pas relâché pendant l'été puisqu'il a
remporté le Tour de l'Ain. Je suis impatient de voir ce qu'il va donner sur la Vuelta, qui est son premier tour.Je le vois bien autour de la 10e place du général.
-I-F: Quels liens conserves-tu avec ton club formateur, Le VC La Pomme Marseille?
R-P: J'y suis toujours licencié et je vais rouler dès que je peux avec les juniors ou les espoirs du club. Je suis reconnaissant pour le gros travail de formation qu'il réalise
et qui est maintenant reconnu par beaucoup d'équipes professionnelles qui puisent chaque année dans le vivier des coureurs espoirs.
Un grand merci à Rémi pour sa disponibilité et sa gentillesse.
Interview réalisée le 2 Septembre 2009
Le palmarès de Rémi Pauriol:
-2eme de Paris-Corrèze en 2006
-Vainqueur de la Route Adélie en 2007 et 3eme de la Coupe de France Crédit Agricole cette même année.
-Vainqueur d'étape sur le Tour de Wallonie en 2007
-3eme du Tour de Catalogne en 2008
-Vainqueur du GP d'Ouverture La Marseillaise et du GP de Lugano en 2009
Le blog officiel de Rémi Pauriol: http://pauriol.sport.fr/